Après la Rencontre de Lima au Pérou en 1997, et celle de Québec en 2001, le Sénégal a accueilli la troisième (3ème) édition de la Conférence internationale sur l’Economie Sociale et Solidaire (E.S.S.) en 2005. Elle a réuni des participantes et participants venus des différents continents avec comme slogan « renforcer le pouvoir d’agir des peuples ».
Cette rencontre qui s’est déroulée dans les locaux du Centre aéré de la BCEAO de Dakar-Yoff a vu la participation massive des jeunes de tous les continents (Afrique, Amérique, Asie, Europe). En effet, lors de la Rencontre de Bamako tenue du 24 au 26 juin 2005 sur la « vision africaine de l’Economie Sociale et Solidaire », les jeunes ont pris la parole pour demander de vive voix l’établissement d’un camp international des jeunes dans les activités de Dakar 2005, en faisant remarquer que :
Les jeunes constituent un levier important de développement et un vecteur de transformation socioéconomique dans leurs pays ;
Les jeunes disposent de créativités à même de perpétuer les activités de développement et de les étendre à tous les niveaux ;
La jeunesse constitue la force vive de tous changements durables.
Conscients de cet état de fait et pour poser des actes concrets en faveur de l’Economie Sociale et Solidaire, le camp des jeunes a fait l’état des lieux, en rapport avec les différentes organisations de jeunesse qui y sont représentées.
Les jeunes, dans leur adresse aux décideurs, aux pouvoirs publics, aux ONG, à la communauté internationale, aux dirigeants du RIPESS, s’engagent à relever les défis auxquels ils sont confrontés.
S’agissant de la promotion de l’Economie Sociale et Solidaire, ils ont décidé de :
mener une information et sensibilisation de masse sur l’Economie Sociale et Solidaire ;
faire un plaidoyer et un lobbying nécessaire en initiant une pétition auprès des autorités de leur pays respectif ;
mettre en place un cadre permanent d’échange et de concertation, entre jeunes sur l’Economie Sociale et Solidaire ;
le respect et la prise en compte de l’approche genre dans toutes les initiatives de développement.
Pour ce qui est du développement local, le camp a retenu :
la formation et le renforcement des capacités de tous les acteurs socioéconomiques ;
la gestion de l’environnement communautaire ;
le soutien aux initiatives de construction d’infrastructures de base à travers des investissements humains ;
son implication dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits frontaliers.
Concernant les alternatives populaires, il a été décidé de mener une campagne de sensibilisation sur :
la gestion démocratique et participative des structures associatives de base ;
l’insertion de modules portant sur la citoyenneté et les droits humains dans les programmes scolaires ;
la responsabilisation des jeunes dans les instances de décision ;
la prise en compte dans les programmes d’alphabétisation fonctionnelle des enfants non scolarisés ;
l’implication effective des jeunes dans les instances de conception, d’élaboration, d’exécution, d’évaluation et de suivi.
Pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre du commerce équitable, les jeunes se veulent être les relais auprès de leur base, pour faire comprendre aux populations les méfaits des subventions accordées par les Etats occidentaux à leurs producteurs, sur la compétitivité des produits locaux.
Ils entendent également organiser des caravanes de sensibilisation jusque dans les zones les plus reculées pour renforcer la solidarité entre les producteurs et les consommateurs.
Enfin, pour ce qui est des finances solidaires, le Camp appuie l’annulation de la dette et demande sa reconversion dans les programmes de développement. Toutefois, il estime que des efforts supplémentaires doivent être consentis pour étendre cette annulation à tous les pays qui depuis des décennies alimentent l’occident.
Les jeunes n’ont pas manqué aussi d’attirer l’attention sur les dérives de certaines Mutuelles d’Epargne Crédit (MEC), qui risquent de répéter les erreurs de la finance classique tels que les taux d’intérêt élevés et les lourds gages et garanties réclamés aux demandeurs de services financiers de proximité.
Ces différentes actions que nous venons de citer seront accompagnées d’un plan d’action détaillé qui impliquera toutes les parties prenantes de la vie économique et sociale.
Le Camp International des Jeunes lance un appel fort aux initiateurs du sommet Dakar 2005, afin qu’ils soutiennent le plan d’action qui sera élaboré.
Convaincu que ces actions précédemment énumérées resteront vaines sans l’engagement de tout un chacun, particulièrement des jeunes, les participants au Camp demandent au RIPESS de :
promouvoir le renforcement des capacités d’action des jeunes par la généralisation des programmes de formation et d’échange d’expériences entre les différents leaders des organisations de jeunesse ;
impliquer de manière effective les jeunes dans tous les projets et campagnes sur l’Economie Sociale et Solidaire et dans toutes les instances de décision.
A cet effet, et pour donner au Camp toutes les chances d’atteindre ses objectifs, les jeunes s’engagent ici à lancer le Mouvement International des Jeunes pour l’Economie Sociale et Solidaire, afin d’impulser et de valoriser les dynamiques associatives et communautaires pour des transformations sociales positives, centrées sur la solidarité.
« Ensemble, renforçons le pouvoir d’agir des peuples, par le biais de leur jeunesse ». |